Et la pension de réversion ?

La pension de réversion sera-t-elle un droit pour tou·te·s ?

Le Haut-commissariat prévoit que le futur dispositif de réversion sera réservé aux seules personnes mariées. Bien que l’on entende sur toutes les ondes que le projet de réforme de retraite du président Macron rentre dans le cadre d’un projet de société devant mettre fin à une société de statut, le concubinage et le PACS ne permettront toujours pas d’en bénéficier. Le haut-commissaire précise qu’aucune condition de ressources ne sera imposée.

Le montant de la réversion sera calculé par la différence entre le montant que représentent 70% des droits du couple et la retraite personnelle de la veuve ou du veuf. Les droits des ex-conjoints à une pension de réversion seront fermés pour les divorces qui interviendront après l’entrée en vigueur du système universel.

Pour les divorces intervenus avant l’entrée en vigueur du nouveau système, la pension de réversion sera proratisée en fonction de la durée de chaque mariage, si les conjoint-es divorcé-es ne sont pas remarié-es au moment du décès de leur ancien époux.

Beaucoup de changement et notamment sur la condition d’âge puisqu’il n’y aura plus de réversion pour les décès en activité !

La pension de réversion continuera-t-elle à corriger des inégalités ?

L’objectif de la pension de réversion est d’assurer la continuité du niveau de vie pour un couple après le décès de l’un-e des conjoints à travers un transfert redistributif. Dans le système purement contributif de Macron, elle est menacée. Le coût important de la réversion (36 milliards d’euros) explique que le gouvernement, dont l’objectif est de diminuer la part des pensions dans le PIB, explique son éventuelle remise en cause (disparition, soumise à des conditions de ressources, mutualisation entre conjoint…) et étudie actuellement des pistes pour la réduire.

4,4 millions de retraité-es perçoivent aujourd’hui une pension de réversion et près de 90% sont des femmes.  Cette pension, correctrice des inégalités sociales, est indispensable pour les femmes, pour qui la pension de réversion constitue 26 % de leur pension.

Pour 1,1 million de bénéficiaires, la réversion est la seule pension de retraite perçue. C’est dire l’importance de l’enjeu.

Les femmes seront-elles pénalisées ?

Malgré les droits familiaux et les minima de pension, les femmes à la retraite en 2016 perçoivent une pension de droit direct inférieure de 40 % à celle des hommes. Ces écarts seraient encore plus importants (de 8 points environ) hors droits familiaux (MDA et AVPF) et hors minima de pension (Mico, etc.) Or ces dispositifs de solidarité seront profondément modifiés dans le nouveau projet !

Actuellement, les pensions de réversion sont financées par les cotisations de l’ensemble des assuré-es. Le risque est de les sortir de cette solidarité pour les faire financer par une cotisation à part ou par l’impôt ce qui fragiliserait leur situation en les soumettant aux décisions du pouvoir politique.
tableau pensions femmes/hommes

Agissons ensemble le 5 décembre

Cette réforme n’est pas acceptable. Notre mobilisation lors de la grève du 5 décembre peut faire reculer le gouvernement. Agissons ensemble !

 

Et pour moi, qu’est ce que ça donne ?

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